Zor

                                             

 



Illustration de R. De la Nézière (collection de l'auteur)

 

En 1797, pendant que Napoléon se couvrait de gloire en Italie, le Général Moreau s’illustrait également sur la rive droite du Rhin.

En effet, en ce printemps de l’année 1797, l’armée du Rhin se dirigea vers la frontière. Dans un corps de cavalerie, le jeune élève-trompette Casimir et son fidèle chien, un petit corniaud noir de type Fox, font partie du voyage dans un escadron de Hussards.
Le petit chien se nomma "Zor" et lorsque les cavaliers chevauchaient en colonne, il fallait le voir trotter, d'un air très sérieux, auprès de son jeune maître.
Vif et débrouillard, "Zor" était un chien courageux, d'une fidélité à toute épreuve et ... un aboyeur remarquable !

Autorisé maintenant à marcher avec les autres trompettes, le jeune Casimir ne songeait qu’à une seule chose : sonner sa première charge !

Après avoir traversé le Rhin, plusieurs engagements très vifs eurent lieu à Diersheim le 20 avril 1797 avec l’armée Autrichienne.
C’est durant une charge, particulièrement brillante, que les troupes Autrichiennes furent enfoncées et que notre jeune trompette tomba mortellement blessé.
Passé devant tout le monde, Casimir à pleines lèvres et Zor à toute gueule sonnèrent la charge côte à côte ! Les aboiements furieux du brave corniaud et la trompette du gamin faisaient un vacarme étrange sur le champ de bataille.
Lorsque la fumée se dissipa, derrière les cavaliers qui sabraient les fuyards, on trouva le cadavre d’un cheval gris autour duquel virevoltait un petit chien qui poussait des glapissements plaintifs et stridents.

Zor ne quitta pas l’endroit où le jeune trompette était tombé après avoir vécu, comme il l’avait souhaité, le plus beau jour de sa vie.

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