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Grand fidèle de l’Empereur, Henri-Gatien Bertrand ( 1773 -1844 ) Comte d’Empire et Grand Aigle de la Légion d’Honneur, suivra et servira Napoléon jusqu’au bout avec beaucoup de ferveur.Il le suivra en Italie et en Égypte ; sera nommé général de Brigade au début du Consulat ; assistera au sacre de Napoléon ; sera aide de camp de l’Empereur au début de l’Empire ; se distinguera à Austerlitz ; servira à Iéna et Friedland ; il accompagnera Napoléon en Espagne ; sera nommé Grand Maréchal du Palais ; servira à la campagne de France ; sera présent à l’île d’Elbe et à Waterloo, il suivra encore l’Empereur à Sainte-Hélène et ne le quittera pas jusqu’à son dernier soupir. Fidèle, même après la mort, il participera activement à la translation des cendres de Napoléon aux invalides en 1840 et reposera, lui-même, quelques années plus tard, au même endroit près du tombeau de son maître. Au Musée Hôtel Bertrand de Châteauroux, se trouve exposé un curieux chien naturalisé qui aurait appartenu au général Bertrand. D’après le conservateur de ce Musée, une étude aurait été effectuée en 1995 sur l’animal empaillé, par deux vétérinaires et un expert de la Société Central Canine. Il s’agit de « Sambo », un chien mâle au pelage blanc et tacheté de noir. Le poil est court, lisse et très dense. Puissante et souple, sa silhouette semble être robuste et musclée. Sa tête est assez longue et ses yeux ronds et noirs. En revanche, il a la particularité de ne pas posséder d’oreilles, ce qui nous fait penser, en l’observant, à une tête d’otarie. Avec des oreilles pendantes, il aurait, sans conteste, l’aspect et la taille d’un dalmatien. Néanmoins, « Sambo » n’appartiendrait pas à une race occidentale, mais serait plutôt d’origine chinoise ( ce qui expliquerait la mutilation des oreilles, pratique très courante en Asie à l’époque ) ; sinon on ne sait que peu de choses, hélas, sur l’histoire de « Sambo ». Des questions néanmoins subsistent : À qui appartenait l’animal et d’où venait-il ? Le chien « Sambo »
aurait donc appartenu à une race asiatique qui se serait croisée à
d’autres races de chiens présentes, sur l’île de Sainte-Hélène. Antommarchi, médecin de Napoléon à Sainte-Hélène (1789-1839), cite également très brièvement « Sambo » au moment du départ de Sainte-Hélène ( Mémoires d’Antommarchi ). D’après l’analyse de Michel Berthelot ( Bertrand,
Grand Maréchal du Palais, dans les pas d’un fidèle - chez
l’auteur à Châteauroux 1996 ) l’énigme n’aurait pas vraiment été élucidée
! Pour Jean-Paul Kauffmann ( La chambre noire de
Longwood - La Table Ronde, Paris 1997 ), « Sambo », qui fut le
compagnon de jeu des enfants de Bertrand à Sainte-Hélène, était rattaché
aux nombreux souvenirs qui furent rapportés de l’île en 1840. Jacques Macé ( Dictionnaire historique de Sainte-Hélène - Tallandier 2004 ) fait apparaître « Sambo », comme le chien du Général Bertrand, ramené, par ce dernier, de Sainte-Hélène après la mort de l’Empereur en 1821. Enfin, pour d’autres, ce chien aurait carrément appartenu à Napoléon durant son exil. Chose peu probable, car l'existence d'un chien, compagnon de l'Empereur à Sainte-Hélène, ne fut jamais relatée par les principaux mémorialistes de l'île, tels que le général Gourgaud et son journal ou Las Cases et son célèbre Mémorial. Toujours est-il qu’au Musée de Châteauroux, « Sambo » est bel et bien exposé et considéré comme étant le chien de Bertrand. Il semblerait d’ailleurs qu’il ait vécu au château de Laleuf ( commune de Saint-Maur, dans l’Indre ), propriété familiale du Général Bertrand, et, pour ainsi dire certain, que « Sambo » fut naturalisé entre 1841 et 1844 et qu’une fois empaillé, il faisait partie du mobilier du domaine de Touvent ( dans l’Indre, propriété de Hortense, la fille de Bertrand ) En revanche, je suis assez interrogatif sur le fait que cet animal ait vécu à Sainte-Hélène...!? En effet, vu les dates approximatives de sa naturalisation, ce chien mort après 1840 aurait été beaucoup trop âgé pour avoir pu être présent à Sainte-Hélène dès 1816 ( date du don de Miss Polly Mason ). (1) Octave Aubry (1881-1946), Historien, haut fonctionnaire, officier de la Légion d’Honneur et élu à l’Académie française six semaines avant sa mort. Passionné par l’épopée napoléonienne, il séjourna plusieurs semaines à Sainte-Hélène avant d’en publier un ouvrage en 1935.
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