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Patte Blanche était une
superbe et fidèle chienne épagneul qui appartenait au porte-drapeau Burat,
sous-lieutenant au 2e bataillon du 16e régiment de ligne.
Juin 1812, le bataillon de
Burat se trouve en garnison à Valence en Espagne dans la 3e division du
Général Habert de l'Armée d'Aragon.
Le 22 juillet, après avoir écrasé les troupes de Marmont aux Arapiles,
Wellington, et son armée anglo-hispano-portugaise, se dirigèrent sur
Madrid. Le 12 août, le Général Anglais fit son entrée dans la capitale
Espagnole.
Le 25 août, le 2e bataillon du 16e de ligne, escorté d'une petite troupe
de cavaliers, quitta Valence pour aller délivrer la garnison de la petite
ville fortifiée de Cuenca, située à un peu plus de 150 km à l'est de
Madrid.
La chienne, qui accompagnait
toujours son maître, suivit le bataillon.
Au détour d’un chemin
escarpé, non loin d'Utiel, le petit détachement français fut attaqué par
une brigade hispano-portugaise, qui entourèrent complètement la colonne.
Comme il se devait, Burat
défend avec rage "l’Aigle" dont la hampe se brisa ; il ressaisit le
drapeau et réussit à se dégager de ses assaillants, jusqu'au moment où il
reçut un coup de sabre. Un soldat Portugais, tente de lui arracher "l’Aigle" mais, malgré sa blessure à la tête, ne lâcha pas le précieux
emblème du régiment.
Le visage ensanglanté, le
jeune officier, ne devait plus résister très longtemps et tomba sur les
genoux, cerné par les baïonnettes. Un assaillant, alors s’empare du
drapeau et s’apprête à achever Burat, lorsque, tout d’un coup, des
aboiements de chien retentissent !
C’est "Patte Blanche" qui,
comme une bête furieuse, s’élança à la gorge du soldat Portugais et le mit
hors de combat.
La bataille tourne à
l'avantage des Français.
Le porte-drapeau blessé put
ressaisir son "Aigle" mais perd, aussitôt, conscience.
Pendant que l’ennemi en
déroute s’éloignait , la brave chienne tentait de réanimer son maître en
léchant son visage. Burat est blessé légèrement et lorsqu’il rouvrit les
yeux, il voit horrifié, son fidèle compagnon avec une large et atroce
blessure au ventre. Il rassemble alors ses forces et arrive à se traîner,
tant bien que mal, avec le pauvre animal jusqu’à une rivière qui était
toute proche. Il déchira des morceaux de ses vêtements, pansa la chienne
et perdit, de nouveau, connaissance.
Quelques heures plus tard, "Patte Blanche" et son maître seront capturés par une patrouille Anglaise
et soignés. Hélas, Burat fut ensuite placé sur un navire et, en qualité de
prisonnier de guerre, sera envoyé sur les prisons flottantes d’Angleterre
: les pontons de Chatham.
Ces prisons ne sont autres que
de vieux navires réformés, de vieilles carcasses amarrées, les unes aux
autres, par des chaînes et situées à environ 50 km de Londres, dans un
estuaire rempli de vase.
Au moment du départ pour
l’Angleterre, le capitaine Anglais refusa de prendre la chienne, qui du
rivage, vit le navire s’éloigner et emporter son maître.
Burat, tourne la tête et porte
son regard une dernière fois vers le rivage et, à sa plus grande
stupéfaction, voit la pauvre bête qui nageait et luttait avec les vagues,
pour essayer de rejoindre le navire. Voyant que son fidèle compagnon
allait se noyer, Burat, d’un bond se jeta dans les flots pour aller son
secours.
Un canot de sauvetage est mis
à l’eau, mais l’officier refuse de monter sur celui-ci sans sa chienne. Il
obtient satisfaction et remonte avec "Patte Blanche" sur le navire
Anglais.
Arrivé dans la rade de
Chatham, Burat et son compagnon furent internés sur le Brunswick un
des plus célèbres pontons Anglais où étaient entassés de nombreux
prisonniers les uns sur les autres.
Pendant plusieurs années, "Patte Blanche", la fidèle chienne, va partager, dans ces horribles
prisons flottantes, toute la misère, les privations et les souffrances de
son maître.
Un jour, Burat
parvint à s’échapper, dans une chaloupe,
avec
"Patte Blanche" et un autre prisonnier, et ils réussirent à sortir de la
rade et rejoindre Dunkerque.
cette brave et fidèle bête
avait tout partagé avec son maître : les dangers des combats, les
cauchemars de la captivité et devait encore partager, après
la chute de l’Empire, la misérable vie du
"demi-solde" qu’elle vénérait.

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et anecdotes"

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