Le chien du
Général Moreau

                                             



 

 
J
ean-Victor Moreau (1763 - 1813). Ce brillant Général se distingua durant les guerres de la Révolution Française et du Consulat.
Soupçonné de complot contre le 1er Consul Bonaparte, il sera arrêté et incarcéré à la prison du Temple à Paris le 15 février 1804.
Le 9 juin, à la délibération de son procès, les charges, contre lui, ne pouvant être établi, il fut d’abord acquitté puis reconnu "coupable mais excusable" et sera condamné à une peine de 2 ans de prison qui sera, finalement, commuée en un exil.
Après avoir séjourné près d’une année dans le sud de l’Espagne, il s’embarque, avec sa famille, le 4 juillet 1805, sur le New York pour les États-Unis.
Le 25 août, il débarque à Philadelphie et s’installe dans une grande propriété à Morisville.
1813, sollicité par le Tsar de Russie, il revient en Europe et débarque, fin juillet, en Suède pour ensuite rejoindre les rangs ennemis en qualité de conseiller militaire du Tsar Alexandre 1er.

C’est durant la bataille de Dresde, le 27 août 1813, que le Général Moreau fut mortellement blessé ; un boulet Français vint le frapper et lui fracassa le genou droit, puis, traversant le cheval, il lui emporta le mollet de la jambe gauche. Amputé des deux jambes, il expira 5 jours après.

Constant, dans ses mémoires, écrira "Ainsi, Moreau reçut la mort la première fois qu’il porta les armes contre sa patrie, lui qui avait si souvent affronté impunément les boulets ennemis".

  Pour l’anecdote, le Général Moreau avait la passion des grands chiens et lorsqu’il était aux États-Unis, il en fit un élevage qui, au fil des ans, avait acquis une certaine notoriété.
Pour son retour en Europe, il n’avait pas oublié d’emmener avec lui son chien favori, l'Apollon parmi les races canines : un énorme et magnifique dogue allemand.
Ce chien, impressionnant, était d'une construction solide et élégante. Avec sa démarche fière et son pas allongé, il suivait son maître dans tous ses déplacements.
À Dresde, le Général Moreau, blessé, fut transporté, en toute hâte, dans la maison d’un paysan située à proximité. Lorsqu’il dut quitter la maison pour aller, au quartier général du Tsar, subir l’amputation, le fidèle chien fut abandonné sur place.

Que devint le chien à ce moment précis ?

Les témoignages, du capitaine Parquin et du général Baron de Marbot, divergent à ce sujet.

  1) Le Général de Marbot :

 - Notre avant-garde poursuivait les ennemis en déroute, lorsque l’un de nos Hussards apercevant à l’entrée du village de Notnitz un magnifique chien danois qui, d’un air inquiet, paraissait chercher son maître, l’attire, s’en empare et lit sur son collier ces mots : " j’appartiens au Général Moreau." [...] Un parlementaire russe étant venu réclamer le chien de la part du colonel Rapatel, aide de camp de Moreau, dont il avait suivi la fortune, on lui remit cet animal, mais sans le collier, qui fut envoyé au Roi de Saxe. Ce collier figure à présent parmi les curiosités de la Galerie de Dresde.

  2) Le capitaine Parquin :

-  À cinq heures, le paysan Saxon - dans la cabane duquel avait été transporté le Général Moreau, les deux jambes fracassées par un boulet - mena à l’Empereur un superbe chien Danois ayant au cou un large collier en cuivre sur lequel était écrit en gros caractères : " j’appartiens au Général Moreau."
Le paysan venait donner connaissance de l’événement qui avait eu lieu et il offrait le chien contre dix napoléons.
L’Empereur lui fit donner cette somme et lui laissa le chien Danois.

Mise à part l'histoire du collier, il semblerait que le compte rendu de Parquin, qui fut témoin direct, soit beaucoup plus crédible que celui de Marbot qui n’est que des interprétations successives de divers témoignages.
Ensuite, hélas, on perd la trace du chien.
 

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