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Durant l’épopée Napoléonienne, d‘autres chiens ont
accompagné
leurs maîtres sur le champ de bataille ou en garnison |
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Le chien du régiment par Romagnési
Une célèbre
romance intitulée « Le chien du régiment », fut longtemps fredonnée après
l’Empire. Elle fut composée par Antoine-Joseph-Michel Romagnési
(1781-1850) qui fut aussi Éditeur de musique.
L’histoire de ce chien de régiment, dont on ne connaît, hélas, pas le nom,
inspira le compositeur, qui souhaitait vivement rendre hommage à ce
vétéran canin des troupes le l’épopée napoléonienne.
Cette romance à succès, raconte le chagrin de ce Grognard de la Grande
Armée, qui perdit son chien durant une bataille à la fin de l’Empire. Né
pendant la campagne d’Égypte en 1799, le brave chien, devenu la mascotte
d’un régiment, fit toutes les campagnes du Consulat et de l’Empire. Il fut
tué lors de la campagne de France, à la bataille de Brienne le château, le
29 janvier 1814.
Voici un extrait de cette romance :
« De mon vieux compagnon de gloire
Il a fallu me séparer
En vous racontant son histoire
Je sens encore mes yeux pleurer » |
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"Parade", le chien Républicain
mélomane
V oici une anecdote qui fut mentionnée dans le journal "Le
Moniteur universel" en 1798.
À cette époque, on pouvait observer, devant le Palais des Tuileries, un
chien qui venait chaque jour assister à la parade.
C’était une véritable curiosité de le voir : il se plaçait entre les
jambes des musiciens, marchait avec eux au rythme de leurs pas en
inclinant sa tête, en alternance à droite et à gauche, et s’arrêtant là où
les musiciens s’arrêtaient.
Après la parade, il disparaissait jusqu’au lendemain, où il revenait
prendre sa place au moment convenu. Jamais, il ne ratait une prise
d’armes.
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Cet animal, manifestait un véritable plaisir pour la musique militaire et
les musiciens, qui l’eurent bientôt remarqué, lui donnèrent le nom de
"Parade".
Les musiciens, prirent l’habitude de l’inviter à dîner
et celui qui voulait l’avoir lui disait en le flattant :
" Parade, tu viendras aujourd’hui dîner avec moi. "
Le chien suivait sans réticence son hôte et mangeait de bon appétit. Mais ayant également beaucoup de goûts
pour son indépendance, l’ami "Parade", prenait rapidement congé sans que
rien pût l’arrêter et se rendait, de temps en temps, à l’Opéra où il
arrivait à s’infiltrer et à se placer dans un coin jusqu’à la fin du
spectacle.
Jamais on ne sut à qui appartenait ce chien. Une chose est sûre, il avait
arrangé sa vie de façon à avoir chaque jour, pour ses besoins organiques,
une bonne gamelle tantôt, chez l’un, tantôt chez l’autre, et une bonne
ration musicale pour ses besoins, visiblement, intellectuels.
Il pouvait dans ces conditions se passer, effectivement d’un maître.
En tout cas, le chien mélomane était devenu l’ami des militaires et
surtout un familier du Palais des Tuileries.
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"Barbuche"
C'est le nom d'un
Barbet qui
fit la première campagne d’Italie (1796-1797).
Il appartenait à "Petit-Jean", un jeune garçon qui avait été séparé de sa
famille et qui devint tambour dans un régiment d’infanterie en 1796.
C’est Fougasse , un vieux sergent, qui prit le jeune garçon et son chien
sous sa protection dans sa compagnie. Très vite, ils devinrent trois amis
inséparables.
Hélas, un jour, lors d’un combat, "Petit-Jean" fut tué et le brave "Barbuche"
perdit une patte en voulant défendre son jeune maître.
La campagne terminée, le vieux sergent rentra en
France et fut mis en retraite.
Il termina sa vie dans la rue en faisant faire des tours à "Barbuche",
malgré sa patte en moins.
Du chien de troupe, Fougasse en fit un chien de cirque.
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Les
chiens de Weimar
1806, c’est la campagne de Saxe et de Prusse.
Moins d’un an après l'éclatante victoire d’Austerlitz, qui mettait un
terme à la troisième coalition regroupant les armées russe et
autrichienne, l’armée prussienne était, à son tour, complètement défaite,
le même jour, sur deux champs de bataille, ceux d’Iéna et d’Auerstedt ( 14
octobre 1806 )
De nombreux chiens de berger, des Beaucerons (1), avaient suivi la Grande
Armée et la plupart d’entre eux, furent emmenés en Allemagne durant cette
campagne de 1806.
Faits avant tout pour la surveillance et la protection, ces chiens
robustes furent des gardiens intrépides.
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D’après Joseph Oberthur (2), il semblerait que les troupes françaises,
après Iéna, laissèrent un certain nombre de ces bergers de la Beauce dans
le secteur de Weimar (3).
On peut penser que la migration de ces chiens dans la région de Thuringe
en Allemagne, croisée avec le Rottweiler, fera naître, un demi-siècle plus
tard, les premiers spécimens du Dobermann (4), ce qui expliquerait la
frappante ressemblance de celui-ci avec son ancêtre le Beauceron.
(1)
Le Beauceron ou berger de Beauce, connu également sous le nom de
Bas-rouge à cause de la couleur cuivrée au bas de ses pattes, est une
race française très ancienne de chien de berger à poil court. Il gardait,
à l’origine, les troupeaux de bovins et de moutons dans les plaines de la
Beauce.
(2) Joseph Oberthur, Docteur et écrivain cynégétique ( 1872 - 1956 ),
auteur de « Le chien, ses origines et son évolution » - Durel Éditeur
1949.
(3) Ville d’Allemagne, non loin de Iéna ( région de Thuringe ) ancienne
capitale du Grand-duché de Saxe-Weimar.
(4) Cette race d’origine allemande, porte le nom d’un certain Ludwig
Friedrieh Dobermann ( 1834 - 1894 ), éleveur dans le village d’Apolda, (
région de Thuringe ) en Allemagne.
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Le chien de
Salamanque
En 1812, à Salamanque (Espagne), s’élève au sommet d’une falaise au bord
du « Rio Tormes », les murailles fortifiées de trois couvents, mis
en état de défense par le Maréchal Marmont qui, poursuivit par Wellington,
en fit un poste avancé pour couvrir son repli.
Ce bastion, défendu par une garnison de 800 hommes et un peu plus de 30
pièces d’artillerie, devait tenir tête, durant 10 jours, à près de 50 000
anglo-hispano-portugais.
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Le siège commença, le 17 juin 1812, les canonnades et les tentatives
d’assaut se succédèrent. L’ennemi eut même l’intention d’attaquer par les
mines en voulant creuser les glacis qui s’étendaient en avant des
fortifications.
Sur l’enceinte, un chien de régiment - dont l’Histoire, hélas, n’a pas
retenu le nom - montait la garde aux côtés des assiégés. Chaque jour, les
soldats pouvaient voir leur fidèle gardien à quatre pattes faire des
rondes continuelles le long des remparts.
Le brave et intrépide animal, toujours aux aguets, poussait de furieux
aboiements à la moindre petite agitation à l’extérieur de l’enceinte.
Grâce à sa vigilance, il empêchera , à plusieurs reprises, les sapeurs et
mineurs anglais d’approcher le talus des murailles.
Wellington vint, néanmoins à bout de la résistance des assiégés, qui,
débordés par le nombre et les moyens mis en oeuvre, capituleront le 27
juin 1812. |
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"Sancho"
C ’est le nom d’un
caniche qui fut sauvé d’un champ de bataille en Espagne, par un officier
anglais.
"Sancho", appartenait à un lieutenant de l’armée Française, qui fut tué
lors de la bataille des Arapiles le 22 juillet 1812.
Après la bataille, le fidèle caniche, qui se trouvait sur la tombe de son
maître, fut recueilli et adopté par Henry Somerset (futur marquis de
Worcester et 7e Duc de Beaufort).
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Cette histoire, pleine de dévotion, avait été très
populaire en Angleterre et une peinture fut réalisée ; elle montre le
chien se trouvant sur la tombe de son maître.
"Sancho", fut, également, immortalisé par un portrait peint par la
princesse Charlotte du Pays de Gales et qui représente le marquis de
Worcester avec son caniche.
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Le
chien de Castalla
Toujours
durant la guerre d’Espagne, cet autre caniche n’eut pas, lui, la chance de
"Sancho".
William Youatt (1) et Edward Jesse (2) relatent, tous les deux, la triste
fin d’un autre caniche ( dont on ne connaît pas le nom ) qui serait mort
héroïquement en protégeant le corps, sans vie, de son maître sur un champ
de bataille.
Ce chien appartenait à un officier français qui fut affecté en
Espagne dans l’armée d’Aragon du maréchal Suchet. Très proche de son
chien, il l'emmena comme mascotte à la guerre.
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Encerclées par l’armée anglo-espagnole au nord-ouest des environs
d’Alicante ( province de Valence ), les troupes de Suchet eurent à livrer
divers combats durant le mois d’avril 1813.
Le maître du caniche fut tué lors d’une offensive à la bataille de
Castalla, le 13 avril 1813. À la fin des combats, des soldats essayèrent,
sans succès, de persuader le pauvre chien de les suivre dans leur
retraite. Le dévoué et fidèle compagnon resta sur le macabre champ de
bataille, couché près du corps de l’officier mortellement blessé, refusant
ainsi d’abandonner son maître.
Peu de temps après le départ des troupes, arrivèrent les habituels
détrousseurs de cadavres des champs de bataille.
L’œil furtif d’un de ces rapaces ne manqua pas de remarquer la belle croix
de la Légion d’honneur de l’officier et se précipita pour s’en emparer.
Mais le fougueux caniche, la rage au cœur, sauta avec fureur à la gorge du
pillard ; le brave chien était sur le point d’éliminer le voleur,
lorsqu’un autre charognard arriva et perça de part en part le flanc du
pauvre animal d’un coup d’épée.
(1) Vétérinaire et écrivain anglais
(1776 – 1847), auteur de The Dog paru en 1845.
(2) Historien
anglais (1780 – 1868), auteur de Anecdotes of Dogs paru en 1846.
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Chien
et cheval
L’action se passe quelque temps avant Waterloo.
Un jour, dans la garnison du 4e Hussard, la chienne du
régiment, mit bas ses petits dans une mangeoire de l’écurie.
Le cheval, qui était habitué à utiliser cette mangeoire, se montra
extrêmement tolérant vis-à-vis des chiots et sembla même vouloir les
protéger.
La chienne reconnaissante, se couchait toujours près du brave cheval et le
léchait avec beaucoup d’affection.
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Souvent, il arrivait de voir la chienne traverser la caserne en direction
de l’écurie avec dans sa gueule, un morceau de pain que lui avait donné un
Hussard. Il fallait alors la voir se dresser sur ses pattes arrière et
présenter le morceau de pain à son ami le cheval qui l’acceptait avec
beaucoup d’enthousiasme.
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"Pompon"
En 1814, sous la première Restauration, il y avait,
au 48e régiment de ligne, un magnifique épagneul noir et blanc
qui répondait au nom de "Pompon".
Ce chien était extraordinaire, il assistait, toujours placé près du
tambour-major, à tous les défilés, parades ou autres revues. Tous les
jours, on pouvait aussi le voir monter la garde près du planton à l’entrée
de la caserne.
Lorsque le régiment partait en manoeuvre, sa place de bataille était en
tête de colonne, devant les tambours, et montrait les crocs si un autre
chien venait, imprudemment, à s’approcher de lui.
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"Misère"
Le 18 juin 1815, c’est le désastre de Waterloo.
Le 16 juillet, une ordonnance licencie l’armée Impériale qui s’était
retirée derrière la Loire. La cocarde tricolore fait place à la cocarde
blanche.
Le 9 août, Napoléon prend le chemin de l’exil en direction de l’île de
Sainte-Hélène.
L’armée nouvellement réorganisée, on trouva au 6e de la Garde
Royale un chien de régiment - un superbe caniche tout blanc - nommé "
Misère ".
Le caporal "Misère" - car c’était un chien gradé - avait la particularité
de porter ses trois chevrons rouges à la hauteur de l’épaule gauche, sur
un endroit préalablement rasé, et habilement cousus sur les cotés avec son
poil.
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"Bataillon"
A u 1er régiment de la Garde Royale à
Valenciennes, il y avait un autre chien de troupe baptisé "Bataillon".
C’est, en cette fin d’année 1815, que le chien fut recueilli par un soldat
qui était en faction devant la caserne. Depuis, sa place était toujours
dans le Corps de garde qu’il ne quittait jamais et n’acceptait que la
présence de ceux qui, uniquement, portaient l’uniforme militaire.
"Bataillon" était devenu une mascotte célèbre dans les annales militaires
de ce temps-là.
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Le capitaine Blaze (1788-1848), qui était affecté
dans cette garnison, témoigne :
- Dans le premier régiment de la Garde Royale, nous
avions un chien qui s’appelait "Bataillon".
Recueilli par des soldats au corps-de-garde, il y
demeurait toujours. Ses maîtres changeaient toutes les vingt-quatre
heures, il ne s’en inquiétait nullement : certain de sa pitance, il
restait là.
Jamais il ne voulut suivre personne à la caserne ; il se reconnaissait le
très humble serviteur de douze soldats : de deux caporaux, d’un sergent,
d’un tambour, quels qu’ils fussent ; cela ne l’inquiétait point. Pendant
la nuit, lorsqu’il gelait fort, souvent le factionnaire appelait
"Bataillon", le mettait à sa place pour aller se chauffer au poêle : on
aurait tué le chien avant de franchir la porte. Lorsque nous changions de
garnison, le chien suivait le régiment, et s’installait tout de suite au corps-de-garde de la nouvelle caserne.
Il connaissait tous les soldats, il les caressait tous, et ne disait
jamais rien à ceux qui ne portaient pas notre uniforme. Pour ce chien, le
régiment était maître, un individu qu’il aimait ; il lui fallait des
habits bleus avec doublure amarante ; il méprisait toutes les autres
couleurs.
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Chien de régiment sur une affiche publicitaire de l'époque
Les chiens de France
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